Période : Juin 2022

Commanditaire de la Mission : MEDECINS DU MONDE-FRANCE

Depuis 2021, MDM-France répond à travers un projet d’appui nutritionnel et médical d’urgence pour la population affectée par le conflit intercommunautaire à Nyunzu aux besoins immédiats en termes de réponse à la malnutrition aiguë dans la Zone de Santé de Nyunzu, dans la Province du Tanganyika en République Démocratique du Congo (RDC). Ce projet comprend des activités nutritionnelles d’urgence comprenant le traitement de la malnutrition aiguë sévère (MAS) et modérée (MAM) dans la zone.

Les résultats obtenus dans cette étude de l’analyse Nutrition et Genre montrent une relation significative entre la malnutrition des enfants des Femmes enceintes et allaitantes et le genre et les paramètres individuels à la femme et à l’enfant, familiaux et socioculturels.

Ces paramètres associés aux déterminants socioculturels constituent des variables contextuelles influençant à la fois la prévalence de la malnutrition aigüe globale mesurée à l’aide du ruban MUAC.

Les résultats de l’analyse de genre et nutrition ont permis d’identifier des facteurs endogènes et exogènes aux ménages et à la femme enceinte et allaitante ainsi qu’à l’enfant qui influencent de manière tant positive que négative la prévalence de la malnutrition et la promotion du genre. Afin d’apporter une réponse nutritionnelle qui réponde à la problématique du genre, il est important de travailler de manière spécifique et intégré de ces différents facteurs. Parmi les facteurs exogènes, il y a le contexte environnemental caractérisé par une prévalence de la malnutrition dans des aires de santé, l’appartenance à un tribu minoritaire ou défavorisé, le statut de déplacement des ménages, les tabous et les interdits alimentaires infligés aux femmes par la coutume sont autant des facteurs qui affectent distinctement les femmes et les enfants de la malnutrition.

Outre les facteurs liés à l’environnement externe, l’analyse a identifié également des facteurs propres aux ménages et aux femmes enceintes et allaitantes et aux enfants qui influencent le statut nutritionnel. Parmi les facteurs liés aux ménages qui augmentent le risque de la malnutrition, il y a la polygamie avec une faible priorité donnée à la première femme et ses enfants, une faible taille de ménage pour une population majoritairement agricole, le non à adoption de l’agriculture comme principale activité.

L’étude a identifié également des facteurs propres liés à l’enfant qui influencent positivement ou négativement la malnutrition entre autres le sexe de l’enfant qui reste un facteur biologique, la mise au sein du nouveau-né dans l’heure afin de bénéficier non seulement du colostrum, l’intervalle d’âge de l’enfant. Il y a d’autres facteurs liés à l’allaitement qui influencent positivement la prévalence de la malnutrition chez les Enfants qui sont entre autres la non exposition aux maladies infantiles, la vaccination systématique et effective des enfants de moins de 5 ans.

En mettant en liaison la nutrition et la sécurité alimentaire, il se dégage que les facteurs qui influencent négativement la malnutrition chez les FEFA et les enfants garçons et filles sont notamment : le faible nombre de repas à prendre par les adultes et les enfants, l’enregistrement d’un score pauvre et limité par les ménages ainsi que le recours à une ou plusieurs stratégies de survie par les ménages.

Parmi les facteurs occasionnant la faible promotion du genre, il est à considérer  l’abandon de tous les travaux domestiques aux femmes par les hommes, le déploiement d’une force excessive par les femmes dans la préparation,  leur accouchement sans être accompagné par les hommes, la mauvaise perception de plus de la moitié des hommes qui considèrent que des maris n’effectuent jamais les tâches domestiques au détriment de femmes enceintes et allaitantes, la participation exclusive dans toutes les décisions relatives aux dépenses du foyer sans impliquer leurs Femmes.